Après l'opération "Torch".

Avant de continuer le récit de mon itinéraire personnel je crois nécessaire d'expliquer ce qu'était la situation politique en AFN après le 8 novembre 1942.

 

En fait le climat était délétère. Désormais trois factions se disputaient le pouvoir :

  1. Le général Giraud qui, prisonnier en Allemagne, s'était évadé et qui, suite à des promesses inconsidérées faites par les Américains, était arrivé pour prendre le commandement des troupes de débarquement. Mais, entre temps, les Américains avaient décidé, au grand dam de Giraud, de laisser le commandement à Eisenhower.
  2. Le Général de Gaulle qui, à Londres, n'avait pas été tenu au courant des opérations qui se préparaient et appris le 8 novembre la nouvelle du débarquement.


    Churchill s'accommodait de De Gaulle et parfois même venait à son aide. Par contre Roosevelt le détestait. Il voyait en lui un homme d'un orgueil insensé.

  3. L'amiral Darlan. Celui-ci se trouvait, par le fait du hasard, à Alger le 8 novembre. Il était arrivé quelques jours avant pour voir son fils qui venait d'être hospitalisé. Darlan, chef d'état- major de la flotte, était un des adjoints de Pétain. Il prit l'initiative d'arrêter les combats entre Français et Anglo-US. Les combats cessèrent le 10 novembre Les Américains s'appuyèrent alors sur Darlan. Cependant sa position en AFN n'était pas du goût des gaullistes et des partisans du Comte de Paris, ce dernier nourrissant des projets de retour à un régime monarchique.


    Darlan fut assassiné le 24 décembre 42 par un jeune étudiant algérois : Bonnier de la Chapelle. Personne ne sut vraiment qui avait inspiré cet acte. Bonnier de la Chapelle fut immédiatement arrêté, puis jugé précipitamment et exécuté le26.

En juin 43 de Gaulle arriva à Alger et partagea la pouvoir avec Giraud dans un comité de libération. Mais en octobre Giraud fut éliminé du comité et se cantonna dans des fonctions militaires.

Durant le même mois la mobilisation générale fut décrétée en AFN. L'armée d'Afrique rassembla environ 400.000 hommes (1) et fut réarmée par les Américains et les Anglais. Elle repris le combat, contre les Allemands et les Italiens, aux côtés des FFL. Numériquement celles-ci étaient en minorité par rapport à l'armée d'Afrique. Les relations n'étaient pas toujours amicales entre les deux armées. Cependant elles combattirent l'ennemi commun, d'abord en Tunisie, puis en Italie et enfin en France.

(1) Dont environ 200.000 à 250.000 tirailleurs Algériens, Marocains et Tunisiens, Tabors Marocains, etc.